La porte presque enfoncée pour me tirer de force de mon sommeil sans faim. J'ai sauté mes repas et puis dans le néant. J'avais fait mes adieux et trop de mal au monde. Inévitablement, j'écris ces mots en tant que survivante. car si il y a deux choses que je ne sais pas faire c'est de vivre et mourir. Je suis plus sûre moi-même si je voulais mourir ou simplement dormir, pas plus. Et par ce sommeil mettre fin aux mille voix des haters dans ma tête.

Comme au bal des pompiers mais sans me faire pécho, deux sapeurs à mon bras m'allongent sur le brancard. L'inquiétude sur leurs lèvres et sur les miennes le souvenir de ma bave pour effacer les taches de ma taie d'oreiller. Il faut cracher dessus pour faire partir le sang qui imbibe les draps quand il est encore frais. Je l'ai appris trop jeune, à 4 heures du mat, une veille de collège, le moteur de recherche ouvert sur ma DS.

Une journée plus tard me voilà en nuisette dans le froid de la rue d'avoir brûlé les étapes et puis mes ailes avec. la walk of shame ultime, les électrodes encore scotchées au sein gauche et une feuille à la main pour que les keufs se disent pas que je fugue.

J'aurais voulu des bras pour pouvoir y pleurer. J'aurais voulu ne pas me souvenir que mon corps juvénile traîne sur des disques durs. J'aurais voulu hurler jusqu'avoir la voix rauque. Jaurais voulu ne pas me souvenir combien le sang est beau quand il coule sur mes mains.

Ma peau striée de rouge, je deviens un red flag couvert du sang séché de perdre la bataille. Ce n'est pas une vie c'est une corrida, et j'en ai marre de fuir. Alors aujourd'hui, j'ai pris mon torrent par les cornes et forcé mon destin. Dans le brasier du monde, ne plus chercher l'oubli ; me mettre en quête des sens que je ne soupçonne pas. Le chemin sera long mais je n'ai plus que ça, du temps, alors ça va le faire.

Ça va le faire de ouf.