J’ai fui le suspens insoutenable du film de ma vie. Ma jupe tellement mini qu'on pouvait voir mon string, je sors du cinéma en allumant la salle (clin d'œil), ma tristesse-thriller qui me traque et je sais que mon temps est conté. Je suis trop aguicheuse pour être une final girl, alors j'attends mon tour. Les yeux rouges, la morve ravalée ; un jour j’étais heureuse je crois (je m’en souviens vaguement).
Il y avait le soleil sur mes bras couverts d’indice 50. Le sable chaud qui me limait le trou du cul de l’intérieur et je m’en plaignais. De ça, de la chaleur, mais putain on sait tous·tes que c’est ça que j’aime. Me plaindre et l’inconfort.
L’avenir est flou alors j’en parle pas. Si j’en parle je chiale encore et je veux être triste pour la vibe, pas pour de bon. Gâcher mes jours fériés à penser au travail et gâcher mon travail à penser à la fame et un frigo rempli. Je parle pas de l’avenir mais tu peux me spoiler, est-ce qu’à la fin je gagne ? Est-ce que je crève de faim ? Osef—mais j’espère quand même que je serai au moins bonne, le reste est optionnel.
Devant le bâtiment, quelque part dans la rue, je crois que c'était là que je t'ai vue la première fois. Je ne sais plus quand j'ai commencé à m'adresser à toi plutôt qu'à toustes celleux qui avaient, avant toi, précipité ma chute.
Le temps est passé, l’homme en hiatus, toi sur moi, serrées si fort que je souffre de la pression dans mes veines.
Tant est passé, mise en jachère imposée par un corps honteux qu’enfin je délivre du tabou de mon sexe. De la honte implosée. De ma bite. De ma verge trop grosse que jalouse les hommes. De ma bite qui les excite et les dégoute et qui me faisait craindre pour ma sécurité.
Bite. J'écris bite pour ne plus rougir de honte quand j'écris le mot sexe.