J’ai grandi telle une écorchée vêtue de cuir hu(leurs )main(s dans mon visage je les sens encore).
Les monstres que j’adore n’ont jamais su faire fuir les horreurs qui me traquent. J’habite mon corps comme une maison hantée, comme une gosse jouerait à la dînette avec les fantômes de ses sœurs. Je tresses les fleurs qui décorent leurs tombes pour habiller vos ch(j)e( )veux (juste un peu de r)épi(t) après épi, branche après branche. Nouer les tiges comme les liens que je regrette encore de n’avoir jamais su serrer.
Codéine, Acupan, Narcisse défigurée. Mon reflet confisqué.
J’aurais aimé bouffer des mégots à même le goudron, devenir cendrier, pleurer les 500 litres de pollution et devenir la flaque (parisienne que les mascu décrivaient dans leurs blogs, déjà en 2015) dans laquelle je me noie.
Les tuyaux dans mon corps crachent dehors la laideur et je sens rayon anti-gaspi, ma viande périmée bradée (tout doit disparaitre) pour écouler les stocks. Dans la nuit un cauchemar qui revient :
Que, riant. Que je rie et que là, sans transition, mon visage une bombe à eau contre une vitre. Scanners.
Ma pulpe, ce tiramisu reversé que j’avais essayé pendant des heures de réunir comme si c’était possible. Et tu t’acharnes espérant que mon cerveau maintenant confiture pourrait se reformer et fonctionner encore. Et tu chiales impuissante. La soupe irréparable et salie de mon crane sur le sol, des éclats dans ta bouche—cosplay Wish de Jackie Kennedy, tu m’avales un peu, une dernière fois, pour que toujours tu restes en moi.
Anéantie devant mon cadavre sans tête, jamais tu te relèves. Un jour je t’ai confié cette peur et tu m’as dis que toi, des fois, tu as peur de moi.